Les 7, 8 et 9 mars 1 373

J1 : On déjeune avec le couple rencontré la veille et échangeons les derniers conseils de voyage.
Puis notre bus vient nous chercher devant l’hôtel. A la bourre, on ferme les sacs en 4ième vitesse et on saute dans un bus bien pourri de chez pourri. Juju ayant demandé la veille de la place pour ses grandes guiboles, on se voit attribuer de bonnes places avec un peu d’espace.
C’est parti pour 7h de route bien cabossée. On ré-emprunte la route en construction déjà testée dans le voyage de nuit pour aller au lac Inlé. C’est mieux de jour et on hallucine sur la méthode employée pour faire le bitume.

La DDE serait un peu surprise aussi… On fait une petite pause le temps de charger au moins 300 kg de riz et on repart.

On a bien dû rouler 4h avant d’arriver dans une ville où une fête bat son plein. On pense n’être plus très loin de ce qu’ils appellent l’autoroute… Mais c’est sans compter sur les embouteillages.

On se fait bloquer dans une folle circulation !!! Les scooteurs et les piétons se faufilent de partout, les tuk-tuk et les camionnettes se mettent en travers de la route sans tenir compte du sens de circulation... C’est le merdier comme on n’a jamais vu !!! Tout le monde gueule et ne recule pas. On est bel et bien bloqué !!!

On attend une bonne grosse heure avant de pouvoir avancer à l’allure de l’escargot. Puis, par miracle, la route se dégage et on peut à nouveau circuler normalement. Normalement, c’est beaucoup dire car voilà le topo : un volant à droite avec une circulation à droite sur une route à double sens avec la place pour un seul véhicule !!! Vive les bas-côtés en terre pour se croiser et les scooteurs, plus nombreux que les voitures, heureusement.
On s’arrête pour manger dans un énième boui-boui où l’on avale un poulet au riz et aux cacahuètes des plus secs…. Puis on reprend la route ou plutôt l’autoroute et on n’arrive à Mandalay avec 2h de retard !!! On évite les rabatteurs en sortant de la gare de bus et on se dirige vers la main road quand un truck s’arrête à notre hauteur et que son jeune conducteur se propose gentiment de nous amener dans le coin des hôtels. Incroyables ces birmans !!!
On ne se le fait pas dire deux fois et Juju saute dans la benne pendant que Soso s’installe dans la cabine. Ce p’tit jeune parle bien l’anglais et elle apprend qu’il va se marier dans peu de temps. En arrivant 20 minutes plus tard devant l’hôtel repéré dans le guide on essaye en vain de dédommager le jeune homme prétextant même vouloir participer aux préparatifs du mariage. Il ne veut rien savoir pourtant il doit repartir en sens inverse…
On ne revient pas de la gentillesse de ce peuple…
L’hôtel est complet et on tourne un peu avant d’élire domicile au Nylon hôtel. La chambre est un peu miteuse mais correcte pour 18 $, puisque dans ce pays, on n’arrive pas à avoir mieux. Il est cependant trop tard pour partir découvrir la colline de Mandalay.
On décide de se doucher et de partir découvrir la paya Shewkyimyint, à deux pas de l’hôtel.

Elle est belle, comme toutes les autres… Puis on cherche un hôtel moins cher pour demain, rien !!! On décide alors de manger dans un p’tit resto conseillé par le guide pour pas cher et on va prendre le dessert en bas de notre hôtel, au Nylon IceCream.

Pas fameux, fameux…. On rentre ensuite préparer les derniers papiers pour notre visa indien- encore et toujours lui- et on va se coucher.
J2 : Debout et d’attaque pour en finir avec notre visa. On déjeune dans la salle tout en haut de l’hôtel avec la vue sur la polluée Mandalay, certainement la ville la plus irrespirable de ce TDM.
Puis on part en vain à la recherche d’une photocopieuse pour avoir une trace de nos visas birmans. On décide alors de prendre un taxi pour le consulat indien et de demander au chauffeur de nous arrêter en chemin faire notre photocopie. Bonne idée car en moins de deux, la photocopie est faite et on file vers le consulat.
On est décidé à se montrer souriant mais fermes : on veut notre visa le plus vite possible !
Arrivé à bon port, la porte du consulat nous résiste. Un garde vient nous voir et lâche une bombe : le mot Holly-Day !!! Le consulat est fermé pour cause de jour saint indien. Pas de choune… Le monsieur nous dit de revenir demain. Ca part mal pour faire notre visa rapidement.
On fait contre mauvaise fortune, bon cœur et on grimpe dans le premier collectif qui passe et demandant le centre-ville. Le collectif est bondé. Les femmes font une demi-fesse de place à Soso alors que Juju monte sur le toit comme un vrai local… Sur la route, Juju, de sa place haut perché, remarque une grande paya. En demandant, il reconnait le nom de Mahamuni paya. STOP !!!!! On descend !!!
C’est une des payas les plus célèbres de la ville et du Myanmar où trône la troisième relique bouddhiste la plus sacrée du pays après ShwedagonPaya et le Golden Rock. La triplette est bouclée. Le site est archibondé de pèlerins et on n’arrive pas à bien tirer le portrait du bouddha sacré.

On fait le tour de la paya en admirant au passage des statues volées à Angkor et la méthode de dorure de statues à la feuille d’or.
Puis on prend un trishaw pour aller visiter Shwe In Bin Kyaung : un monastère tout en bois.

On est les seuls à profiter du lieu et on cherche l’ombre. Puis on se promène dans le quartier des monastères au milieu des moines hagards en voyant la tête de Juju. On s’arrête boire un coup car la chaleur nous accable et on découvre la cuisinière à bois à la mode birmane.
On se rend ensuite à pied voir le TingazaKyaung, un autre monastère en bois, moins impressionnant que celui que l’on vient de voir.
On grimpe dans le premier blue-taxi venu (mini truck typique de Mandalay) pour aller manger un bout dans un resto en bas de l’hôtel. On y mange chinois, pas le choix… Puis on va éviter les grosses chaleurs dans notre chambre. On ressort vers 16 h pour partir à la découverte de la célèbre colline de Mandalay.
On prend un collectif bondé qui nous arrête directement à Kuthodaw Paya « le plus grand livre du monde ». En effet, les innombrables stupas contiennent toutes une stèle gravée de texte sacré.

Il faudrait plus de 400 jours à un lecteur lisant 8h/j et cela 7j /7 pour en lire l’intégralité. In croyable ! C’est dire le nombre de stupas. Puis on va visiter un complexe similaire qui nous laisse lui aussi sans voix avec ses infinies stupas, la Sandamuni paya.

On se dirige ensuite vers les deux monastères à voir dans le coin.
Seul le monastère ShwenandawKyaung retient notre attention et on décide de le visiter. Il règne une ambiance très particulière dans ces bâtiments sombres et dépouillés. Les reliefs sont magnifiques…

Puis on saute sur deux scoots pour aller voir le coucher de soleil depuis la cime de la colline. La pollution nous gâche un peu le spectacle et la vue.
On y reste un petit moment quand même, laissant la horde de touriste redescendre. Juju cherche en vain à trouver un bon angle de vue sur Kuthodaw et Sandamuni paya mais en vain, la végétation lui joue des tours.
On regrimpe sur les scoots et on fonce voir la Kyauktawgyi paya, célèbre pour son bouddha de marbre de 900 tonnes, sculpté dans un seul bloc. La légende dit que 10 000 hommes ont passé 13j à le transporter… Rien que ça !

Il est monumental et nous impressionne même si on doit bien l’admettre : des bouddhas, on commence à en avoir vu beaucoup, beaucoup…
On repart avec les scoots à la recherche d’un autocollant du drapeau du Myanmar pour le ukulele de Soso. Chou blanc…
On se fait enfin arrêter dans un resto népalais et on y engloutit notre premier thali du voyage. On adore… C’est de bonne augure pour notre futur voyage à Katmandou-land.
On finit la soirée en rentrant à pieds, plein comme des œufs, et on se couche pour un lever matinal afin de se rendre tôt au consulat. Les matinées se suivent et se ressemblent…
J3 :Reveil, petit déj’ identique. Mandalay prend des airs d’ « un jour sans fin » mais sans la marmotte et avec les stupas enfumées…
On chope un truck-taxi avec un conducteur sympa, arborant un t-shirt de Aung San Suu Kyi. On a décidé, depuis plusieurs jours, de ne faire travailler que les partisans affichés du NLD-National League for Democracy -parti de l’emblématique Aung San Suu Kyi, fille du non moins célèbre général Aung San-.
Ce coup-ci, on peut entrer dans le consulat, ouf… On arrive avec le même leitmotiv qu’hier : souriants mais déterminés !!! Cependant on comprend bien vite que le visa ne pourra pas être fait en moins de 4j ouvrés… On doit en effet envoyer un fax à l’ambassade d’Inde en France pour la modique somme de 25 $ chacun !!! L’ambassade mettra 3j à répondre, pas moins ! En plus, le visa nous coûtera 70 $ chacun…Pas le choix… Le monsieur nous dit de revenir mercredi prochain et on est vendredi… On est un peu contrarié que l’Inde nous coûte si cher en visa (presque 200$ pour 6 jours, c’est cher pour un pays si pauvre…) Mais on n’a pas le choix et on laisse nos passeports.
On est quand même content que cela puisse se faire et d’avoir enfin une date pour pouvoir organiser la visite des alentours de Mandalay. On rentre en bus local, Juju sur le toit à son habitude…
On file réfléchir au frais dans la chambre de l’hôtel, à tête reposée. On s’organise les 4 j à venir autour de Mandalay. On sort téléphoner dans la rue ( c’est tout un concept la cabine téléphonique, ici) pour réserver les hôtels de Sagaing et Monywa.

On passe aussi voir dans une agence les horaires des cars de mercredi pour aller à Bagan. La tuile !!! Il n’y en a que très tôt le matin ou tard le soir… On ne veut pas retenter l’expérience du bus de nuit et on ne veut pas non plus attendre encore un jour de plus à Mandalay. Les horaires sont les mêmes pour les ferrys. Il ne nous reste donc que l’avion ! Heureusement le billet ne vaut « que 45 $ » mais ce visa nous revient de plus en plus cher !!! On décide d’attendre d’avoir la certitude d’obtenir les visas mercredi avant de réserver l’avion.
On se réserve aussi, par la même occasion, un petit spectacle traditionnel pour ce soir car depuis notre arrivé en Asie cela nous manque et on voudrait re-goûter aux plaisirs des danses traditionnelles découvertes en Indonésie.
Puis on va retrouver le conducteur du matin, Damian, et on organise le transport de cet aprem et de demain. Une fois que tout est calé, on va fêter ça au même Mann restaurant qu’hier.
Puis on rentre se protéger de la canicule : on a lu 40° à l’ombre sur un thermomètre électronique…
On sort vers 15h et on se rend avec Damian et son truck-taxi, loué pour la demi-journée, au palais royal de Mandalay. Le complexe est énorme et occupe une immense partie de la ville mais on ne peut visiter qu’une toute petite partie.

Le site a des airs de la cité violette de Hué mais en beaucoup mieux conservé et pour cause : de nombreux forçats ont travaillé des années pour restaurer les bâtiments. Le lieu est splendide est on y passe une bonne heure et demie. Puis on se rend à MyaKyaukKyaung, un monastère rendu célèbre par son eau qui rend plus intelligent !!! On ne rate pas l’occasion et on en achète deux bouteilles !!!

Le goût de cette eau est indescriptible. Elle est savoureuse et « smoothie », comme si on buvait de l’air liquide. Le monastère est lui aussi splendide avec des airs « Raëliens ».

Revigorés et moins abrutis qu’avant, on part à l’ascension de la Yankin paya pour le coucher de soleil mais la pollution nous joue encore des tours. On ne s’attarde pas trop et on rentre avec Damian sur Mandalay. On lui demande de nous déposer à côté du Mintha théâtre pour le spectacle du soir.
On cherche un resto mais on est dans le coin des chicos. On s’éloigne un peu et on finit par trouver un resto local –un garden beer- où ils font des grillades. On s’y précipite mais une fois de plus les brochettes ne sont qu’à base d’abats… On se rabat sur poulet frit et frites… Soso recommence à parler de la détox du retour…
On se rend ensuite au théâtre un peu en avance et l’on peut lire un descriptif en français des danses que l’on va voir. Trop bien, comme ça on comprendra mieux ce qui se joue sur scène. Puis arrive l’heure du spectacle : nous sommes à peine une petite dizaine de spectateurs et on a les places 1 et 2. Le top !!! Le spectacle consiste en une petite dizaine de danses différentes, toutes très courtes, pas de quoi s’ennuyer !

Le folklore birman ne vaut pas celui d’Indonésie mais on passe un super moment aux sons dissonants de la musique asiatique, contemplant des danseuses désarticulées et gracieuses. On est époustouflé par la joueuse de can-ball traditionnel.

La zidane du pays !!! On s’est régalé même si le spectacle, qui se veut très pro et respectueux des règles de l’art, nous paraît tout de même un peu « bricolo ». On rentre en pousse-pousse avec un bonhomme extraordinaire. A la fois nigaud et hyper sensé. A l’image de ce pays : tout dans la contradiction !!! On se couche ravis et prêts à partir à la découverte des sites d’exception des alentours de Mandalay…
