Les 19, 20 et 21 février 4 710 environ
J1 : On a bien été secoué pendant la nuit, du jamais vu dans le train… On a rebondi dans la couchette et on se demande encore comment c’est possible… On descend à Lao Cai, un peu KO car il est 6h du mat. On fend la foule de rabatteurs : Sapa, Sapa !!! Non, on va à Bac Ha, un peu loin de la foule des touristes. On trouve tout de suite le bus local et c’est parti pour 2h30 de bus entre nuages, brumes, sacs de riz et femmes Monghs costumées.

En effet,dès les premiers kilomètres, on découvre les premières Hmong Fleurs. Ces femmes sont sublimes, hautes en couleurs et souriantes, avec un sacré air coquin. Un groupe de trois s’assied à côté de nous et sont très intriguées par Juju. Elles le regardent au début à la dérobée puis à force de sourires de Juju, elles osent croiser son regard. Elles touchent sa barbe et ses locks et sont mortes de rire. Juju devient l’attraction du bus et cela lui plaît beaucoup plus qu’à Hanoï car ici c’est vraiment bon enfant. Notre lumix lui aussi fait fureur : les 3 dames sont à la fois curieuses et inquiètes de leur image dans l’appareil. C’est touchant !
On arrive à bon port et on cherche directement un hôtel pour poser nos affaires avant de partir voir le marché si réputé. On tourne un peu car on cherche un hôtel avec chauffage (il caille ici aussi, solidarité avec la France !!!) et puis on finit par s’installer au Sun Day hôtel ( ils mentent : il pleut !!!).

On ressort aussi sec pour petit déjeuner et surtout pour faire le marché. Il est plein de Hmongs fleurs toutes plus belles les unes que les autres : oui, seulement les femmes, les hommes eux ne sont pas en habits traditionnels et n’ont rien de remarquable…

On commence à faire des achats. On est surpris car nos rudiments de vietnamiens ne nous servent pas toujours… Ces femmes parlent un dialecte et ne comprennent pas le vietnamien. Quelle est notre surprise quand elles négocient les prix avec nous en anglais !! Ah la globalisation !!! C’est incroyable !!! Juju adore négocier avec ces femmes car tout se passe avec des rires et dans la bonne humeur.

C’est vraiment super de découvrir un peu plus ces incroyables femmes vietnamiennes…. Du coup, on achète la moitié du marché, vous nous connaissez. Ca sent le colis au retour ! Pour varier les plaisirs, on alterne achats et scènes incroyables dans le marché aux bestiaux.

On a parfois l’impression d’être en Mongolie.

Les femmes qui ne vendent pas ne nous regardent même pas. On dirait qu’on n’existe pas. C’est agréable. Seule parade face à ce tourisme qui les envahit et les mitraille de photos et cela parfois de façon grossière. On les comprend et on les respecte pour leur indifférence apparente. Juju devrait en prendre de la graine quand parfois des touristes le mitraillent lui aussi… Après avoir dévalisé le marché, on va dormir un brin avant de ressortir déjeuner avec vue sur le marché au Congfu Hôtel ( celui d’Alex et Julie, les aventouriers). Le marché se termine et on rentre se reposer car le temps n’est pas à la ballade. Juju s’attaque à notre prochaine destination le Myanmar pendant que Soso blogue. On skype aussi avec Mika pour le remercier du coup de pouce d’hier. On va dîner le soir tard dans un petit resto qui ne paye pas de mine mais qui nous sert un excellent poulet grillé à la plancha made in Vietnam. On l’élit tout de suite resto de la ville : le Hoang Yen. On y reviendra c’est sûr. Puis on va se coucher en espérant que le temps nous permette une ballade demain car on en a marre de la grisaille et on est aussi venus pour les sublimes paysages de rizières et les pics montagneux de la région!
J2 : Ciel bas et bruine, on n’a a pas été écouté. On traîne au lit. On sort pour petit déjeuner et se renseigner un peu sur le marché de Cau Ly pour demain car on ne va pas faire de trek dans ces conditions météo !! Pas de transport public, que des voitures privées hors de prix : donc pas de marché non plus demain !!! Le sort s’acharne un peu au Vietnam et on en perd un peu notre enthousiasme, à force. On se fait violence pour aller se promener dans les alentours et essayer de trouver un point de vue sur les rizières en terrasses, si caractéristiques de ce coin du Vietnam. On croise deux français de retour d’un trek qui nous indiquent par où partir. On se lance même si Juju passe à deux doigts de se faire dévorer par deux chiens. On cherche notre chemin et puis on finit par chance par trouver la bonne route. On est ravi de voir au loin des rizières. On commence l’ascension pour prendre un peu de hauteur et là on hallucine de voir les nuages se lancer dans la course inverse.

Plus rapides que nous, ils nous encerclent et on se retrouve dans le brouillard, sans aucune visibilité en moins de 10minutes… Malgré notre bonne volonté et notre bonne heure de marche on ne peut que deviner ce paysage magnifique. On décide de ne pas s’entêter et on redescend dégoutés. On n’est pas vraiment en phase ici et on attend toujours que le « Mana » vietnamien daigne pointer le bout de son nez… On rentre se mettre au chaud et on refait le même programme qu’hier, on pousse même jusqu’à aller au même resto pour se refaire le délicieux chicken-barbec’ et au dodo. On en vient presque à prier pour que demain on puisse retourner voir les rizières. On ne demande pas le soleil, juste le plafond mousso-nuageux un peu plus haut !!!
J3 : Nos vœux n’ont pas été exaucés : il pleut et les nuages nous sont tombés sur la tête ! On reste dans la chambre. Juju potasse encore le Myanmar pendant que Soso blogue encore un coup histoire d’essayer de mettre le blog à jour avant le départ pour la Birmanie où l’on devra le mettre en standby. On déjeune même dans la chambre avec ce que l’on trouve dans nos sacs pour ne pas sortir. On est vraiment bloqué ici. On attend midi pour prendre encore, dans notre QG, un troisième poulet grillé.

Puis on va attendre le local-bus en passant faire un tour au temple, histoire de prendre quelques photos. On achète aussi deux trois trucs artisanaux de plus. Le bus finit par arriver et on grimpe dedans.

Il est archibondé comme à l’aller mais ils manque nos belles Hmongs. On traverse les nuages pour rejoindre Lao Cai où l’on laisse nos sacs pour aller faire un tour hallucinant du côté de la frontière chinoise. Un coup de moto dop et nous voilà devant un spectacle incroyable… Les vélos se transforment en camions de déménagement. Ils sont fous ces asiats ! Ils nous feraient le déménagement de l’Escure avec trois scoot’ et un vélo !!! On hallucine et on se transforme en reporters photo.

Mais très vite, on se rend compte qu’on n’est pas les bienvenus ici, on nous fait sortir de la zone de transit. Sans visas, impossible d’aller se ballader de l’autre côté non plus. On s’en retourne à pattes dans les pots d’échappement pour les 2 km de route assez monotones qui nous séparent du marché où l’on pense éventuellement dégoter quelques chinoiseries vue la proximité de la frontière. Sur notre chemin, on s’arrête pour quelques clichés des immenses affiches de propagande, on se prête au jeu d’étudiants pour une interview en anglais au sujet des costumes traditionnels, on assiste au repêchage sur le bitume des truites suicidaires qui tentent de s’échapper des paniers en bambous harnachés sur les porte-bagages des vélos…

On atteint enfin le marché : rien à notre goût… L’activité est impressionnante dans la partie alimentation et de ravissantes brochettes cuisent sur des braseros improvisés. Il est trop tôt pour se laisser tenter.

On repart pour le resto où nos sacs nous attendent sagement. On se boit une tiger en profitant de la connexion wifi pour bloguer et envoyer des courriels puis on dîne du poulet chili/ginger pas mal du tout qui arrache bien comme il faut ! L’heure d’embarquer est vite venue et l’on découvre nos deux colocataires de Cabine : Monica et Catherine, deux suissesses adorables et bien rigolotes avec lesquelles on partage nos sentiments sur le pays. On rigole bien et le temps passe très vite dans la « Ah dada » cabine. On décide d’éteindre les lumières vu qu’il est déjà minuit et que l’arrivée à Hanoï est prévue vers 5H00 demain matin. Dur, dur : parviendra-t-on à dormir un peu ce coup-ci en dépit dessecousses….
