Les 22, 23 et 24 février 4 710 environ
J1 : Tout pareil qu’à l’aller !!!… Secousses et ballottements nous ont incessamment chahutés pendant la nuit. On se réveille tous les 4 dans le gaz à 5h30 du mat’ au son strident d’une diva locale diffusée dans les cabines en guise de réveil… On quitte le wagon au radar et on essaye de partager un taxi avec nos amies suisses mais la négociation est très dure à cette heure matinale malgré les rudiments de viet’ de Juju. Rien n’y fait. Nos chemins avec Monica et Catherine se séparent donc ici. On regagne le Symphony hôtel, il n’y a pas de chambre dans notre hôtel le Century : donc on nous attribue une chambre un peu moisie ici pour finir notre nuit gratuitement et prendre un free petit déj’ ; il est vraiment adorable ce patron… On dort jusqu’à 10h avant de petit déjeuner un peu comme dans l’état du décalage horaire !!! On va ensuite quémander une meilleure chambre pour les deux jours à venir, plus agréable. Le patron nous propose une chambre luxueuse avec balcon mais plus chère. Nous voyant hésiter, il nous fait un bon prix et on saute sur l’occasion. On est ravi de finir notre séjour au Vietnam dans cette chambre spacieuse et lumineuse, avec tout le confort et même un ordi !!!

On doitcependant attendre 14h pour la récupérer. On file dans la petite chambre pour se doucher et on ressort pour finir notre colis. En effet, Soso n’a pas trouvé ses chinoiseries à Bac Ha. On tourne dans notre quartier pour lui dégoter robes et pantalons en satin, tout dans le chinese style !!! On pose tout ça à l’hôtel dans notre chambre top-classe et on va se percher sur le balcon du resto qu’on voulait essayer le soir du départ pour Bac-Ha. Vengeance !!! On commande un Nasi Goreng avec brochettes satay: retour aux saveurs indonésiennes…Miam ! Hélas il se fait tard et on ne prend pas le risque de se pointer à la poste de peur de ne pas avoir assez de temps pour les formalités réputées d’une longueur décourageante ici. On va se procurer nos lampions en tissu pour compléter la collection de notre salle à manger du Paradis, repérées auparavant. Soso se fait également plaisir en s’achetant des petits tampons en bois : totoro, chat chinois porte-bonheur et lotus.

Elle est au paradis des chinoiserie et ses yeux brillent !!! On va ensuite profiter de la chambre pour s’organiser et bloguer car tout doit être prêt pour notre départ imminent au Myanmar. On ressort le soir pour commencer nos innombrables retraits au distributeur du coin. En effet, on doit retirer tout le liquide nécessaire à notre séjour d’un mois au Myanmar avant de s’y rendre car sur place aucun moyen de se procurer du liquide. Il nous faut retirer des dongs, les échanger ici contre des dollars au marché noir et rebelote en Birmanie, échanger les dollars contre la monnaie locale au marché noir et ils n’acceptent que les grosses coupures intactes… Cela représente des millions de dongs en billets de 5 €, environ 18 retraits !!! Pour ne pas paraître trop suspects, on va fractionner nos visites au distributeur !!! Un peu avant le dîner un peu après… Entre les deux, on retourne à notre petit resto de midi pour déguster des brochettes satay.

Après notre 12ème retrait, panique !!! L’ATM ne veut plus rien nous cracher. On n’avait pourtant demandé une augmentation du plafond de nos cartes. On remonte à l’hôtel en 2-2 pour appeler la HSBC d’Ecully. La réponse est catégorique : ils ont fait le nécessaire ! On se couche en espérant que demain l’ATM redevienne généreux et que l’on puisse prendre tout l’argent qu’il nous faut pour le Myanmar… On doit aussi encore changer ces millions de dongs en dollars neufs. Journée un peu stressante en perspective…
J2 : Ce matin on se lève et on file voir notre ami l’ATM. Le suspens ne dure pas trop longtemps, il est redevenu généreux !!! On retire le reste et on monte compter nos billets. C’est la folie. On est multi-multi millionnaires !!! On n’ a jamais brassé autant de billets. C’est la fièvre monétaire !!!

C’est flippant de poursuivre le voyage avec autant d’argent sur nous ! On rassemble les billets pas tas de 5 millions, calculons le taux de change le plus favorable pour nous et on planque tout ça. C’est stressant d’être riche, en fait !!!

On finit aussi de préparer notre colis, on offre des petits cadeaux aux filles de l’hôtel et on va manger un bout au même resto. Drôle de logique asiatique, plus on vient moins bien on est servi !!! On décide que c’était la dernière.
Première mission de l’après-midi : le colis. On se rend à la poste avec nos 11 kg, inquiets de ce qui nous attend. A notre grande surprise, en moins d’une heure, le colis est impeccablement ficelé et la dame de la poste est adorable. Peu de papiers à remplir et aucune vérification de ce qui a été déclaré. On en ressort ravi et croisant les doigts quand même pour que le colis arrive à bon port, 4 mois environ paraît-il : Inch’allah !!! Première mission accomplie avec succès !

Deuxième mission : transformer 100 millions de dongs en plus de 5 000 $, le tout en traitant avec des bijoutiers viets au marché noir et pas des banques … On ne peut pas dire que l’on soit serein… Briefing avant le départ et on s’aventure dans les rues d’Hanoï, plein aux as ! Arrivé dans le quartier des bijoutiers, on se voit rembarrer plusieurs fois ( No change, no change, on flippe un peu) avant de trouver une bijouterie qui accepte de nous écouter. Le taux proposé est hyper correct et le monsieur ne bronche pas à la somme qu’on lui annonce. Il nous propose de nous asseoir et nous demande l’argent. On sort notre paquet de liasses et on lui donne. Juju n’en mène pas large quand il voit les billets changer de mains sans voir la couleur d’un $. !!! Il est blême et sue à grosses gouttes, sans cet argent : adieu Birmanie! On passe bien 10 min à regarder le monsieur, trier, tasser et passer les billets dans une machine infernale. Le compte est bon ! Il nous sort à ce moment les dollars que l’on inspecte un peu mais on n’y connait rien. On fait style et surtout on les recompte. Le compte est bon ! On sort de la boutique et on ne traîne pas. Soso a du mal à suivre sa mule chargée de Juju. Et si c’était des faux billets, genre des billets de monopoly : on panique !… On décide d’en avoir le cœur net maintenant et pas au Myanmar, la grosse blague. On fonce à la HSBC. Bonheur et soulagement : ce sont vraisemblablement tous des vrais ! Deuxième mission accomplie avec succès !!!

On rentre à l’hôtel pour mettre à l’abri notre pactole et pour se remettre de nos émotions. En attendant d’aller dîner, on prépare les sacs et on essaye de mettre le blog à jour. On sort vers 20h pour manger dans un resto plutôt chic, histoire de claquer nos derniers dongs. Le cadre est sympa mais la bouffe pas meilleure que dans les petits bouis-bouis.

Enfin on retourne dans la chambre pour terminer la mise à jour du blog, notre dernière mission de la journée. On échoue sur cette dernière mission et minuit sonnant, on décide de se coucher car demain réveil 5h ! On part enfin pour le Myanmar !!!
J3 : Bip bip bip. Il est 5h, Hanoï s’éveille… On boucle les sacs, on déjeune et on attend le taxi avec Bean, notre réceptionniste de l’hôtel préférée. Un vrai clown, pleine d’énergie . Elle se dit la fille cachée de Mr Bean !!!

On la quitte chaleureusement et on comate dans le taxi pour l’aéroport. En attendant d’embarquer pour Bangkok, escale pour Yangoon, on fignole encore un peu le blog et on fait le bilan. On gardera un sentiment mitigé sur ce pays qu’est le Vietnam. C’est sûr, on n’est pas venu à la bonne saison : le temps gris et froid nous aura empêché de jouir pleinement des paysages. La gastronomie n’aura pas été à la hauteur de nos espérances. La « mission Myanmar » nous aura aussi couté en temps et en énergie, c’est certain. La frénésie, l’énergie, la pollution et la foule d’Hanoï ne collent pas non plus très bien avec nous, petits lozériens.

Le côté un peu « truand » de certains vietnamiens nous aura aussi un peu mis sur la défensive par moment, c’est dommage…En revanche, on se souviendra longtemps de la sublime Hoi An, de la majestueuse Baie d’Halong, de notre quartier du vieux Hanoï avec son hôtel et ses resto si sympas. Et ce qui nous aura également durablement marqué ce sont les Femmes du Vietnam : qu’ elles soient Hmongs-fleurs, vendeuses de rue, héroïnes et martyrs de la guerre, vieilles ou jeunes, travaillant dans notre hôtel ou dans les restos qu’on a fait, TOUTES nous auront impressionnés par leurs sourires, leur gentillesse, leur franchise, leur timidité aussi, leur incroyable force et leur détermination. Femmes du Vietnam, on vous aime et on vous admire !

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