Phnom Penh, dans la joie, pas dans la peine !!!
Les 25, 26, 27 et 28 janvier
J1 : C’est parti pour une journée de transport et de passage de frontières. On s’en va au Cambodge ce matin ! On se prépare et on déjeune à l’hôtel. A 8h00 on embarque sur une pirogue avec un petit couple de français croisé à Champassak . Très vite on se met à discuter. On apprend que ce sont eux aussi des tourdumondistes, voyageant en sens inverse du nôtre. On a forcément plein de trucs à se dire et puis quand un Julien rencontre un Julien…. On rédige nos formalités de douanes avec eux. Clio nous apprend qu’ils sont passés dans D&Co, sur M6, juste avant leur départ. On hallucine…. Notre vieux rêve : l’Escure terminée en une semaine… Le courant passe bien. On s’installe à côté dans le bus. On discute pendant le trajet. Passage à la frontière jamais vu : aucun contrôle à part un douanier-toubib qui nous mitraille avec un pistolet thermomètre. Inédit !!!
Pendant ce temps, le gars du bus amène nos passeports aux douaniers et on ne s’occupe de rien. Cela ressemble plus à une pause pipi qu’à un passage de frontière. En moins de deux on est en règle au Cambodge. On boit notre première bière locale. On repart aussi sec car la route est longue… Les paysages sont jolis mais un peu plats à notre goût.

On s’arrête vers 14h30 pour déjeuner un bout avec Clio et Julien. On goûte notre première Angkor bière.

Pas mal pas mal… La première d’une longue série on le craint… Et pus hop hop, ça traîne pas, le chauffeur klaxonne, ça redémarre aussi sec… On emprunte le guide français du Cambodge à nos compatriotes. On organise le Cambodge en roulant. On trace les grands traits seulement car on attend les conseils de Jérémie et Céline, « les autochtones ». On discute pour passer le temps. Vers 20h, on arrive enfin dans la capitale. Phnom Penh, de nuit, nous apparait très occidentalisée. A la sortie du bus les tuk-tuk man se précipitent sur nous. Ils nous pressent un peu. Avertis de la situation, on ne se prend pas la tête avec eux, on ne les calcule pas. On dit au revoir à Clio et Julien en espérant les recroiser sur la route et on récupère les sacs. On appelle Jérémie notre hôte des deux jours à venir pour le prévenir de notre arrivée imminente. On négocie avec le premier tuk-tuk venu. On est très surpris car ici c’est le dollar qui est monnaie courante. Bizarre, bizarre vue l’histoire de ce pays… En moins de 15 min, nous voilà chez Jérémie, sur un toit terrasse, excellent !!! On est très bien reçu avec Angkor beer, bouchées vapeur et même rillettes de canard et salade à l’huile d’olive… Un petit goût de chez nous bien apprécié... On discute avec Jérémie de notre programme, de la langue, de son boulot, de Céline, son amoureuse et du Cambodge en général : une p’tite initiation khmer en accéléré … On a plein de questions et on bassine notre hôte. Son colloc’ Olivier se joint à nous en fin de soirée. On se couche sur la terrasse et on s’en dort bercé par le souffle du ventilo et le doux ronron lointain de la ville.
J2 : Juju se réveille et glandouille sur la terrasse, scrutant des yeux cette nouvelle ville pendant que Soso prolonge un peu la nuit.

Juju prend les dernières infos avec Jérémie avant qu’ils ne partent bosser. Une fois Soso levée, on se prépare pour aller à la rencontre de cette capitale, perle de l’Asie… En revanche, on a décidé de faire l’impasse sur les horreurs des khmers rouges, d’éviter de s’infliger la torture de la visite de la prison S21 et du charnier. On se sait trop sensibles aux horreurs de la guerre et on n’a pas envie de s’infliger le dégoût certain qui risque de nous hanter très longtemps. On se sait trop pessimiste sur l’être humain pour en rajouter, par images, des couches et des couches. On ne veut pas aussi revire les sentiments horribles et le malaise éprouvés devant les œuvres de Boltanski, pour autant, certainement beaucoup moins puissantes que l’atmosphère morbide cette prison… On veut rester dans la légèreté de ce voyage et esquiver au plus les émotions bouleversantes. Cela dit on ne veut pas pour autant passer à côté de cette période de l’histoire et après réflexions, on décide de s’informer par la lecture de livres, entre autre le Portail de Bizot. On part donc un peu tard de chez Jérémie et on s’arrête en chemin pour prendre le petit déjeuner dans un hôtel, au bord de la rivière Tonlé Sap : le Titanic. Très classe. Puis on part visiter le Wat Phnom.

On passe devant l’ambassade des Etats Unis (un monument non négligeable, à la lueur de l’histoire) et on fait un petit tour dans un marché.
On rejoint ensuite Jérémie pour aller se faire un buffet chinois à volonté. On boit ensuite un café glacé cambodgien exquis (leur café à un goût caramelo- cacao indescriptible). On laisse Jérémie retourner au boulot et on va changer des dollars en riels pour avoir un peu de petite monnaie. On va ensuite visiter le musée national pour se familiariser encore un peu plus à l’art Khmer, avant notre grand rendez-vous avec Angkor. Le bâtiment est splendide de chez splendide mais la collection est un peu maigre pour un musée national surtout lorsqu’on connaît tout ce que recèle le musée Guimet à Paris….
On ne peut empêcher un sentiment de honte et de culpabilité de monter en nous…L’occident a vraiment piqué le plus beau! On sort ensuite pour se payer une croisière sur la rivière au coucher de soleil. Magnifique.

On regagne ensuite l’appart de Jérémie où on le retrouve. On sort ensuite manger un bout vers le monument de l’Indépendance, dans un resto local.
On y mange des grillades délicieuses avec des frites le tout trempé dans une sauce spéciale aux poivre et au citron mais surtout on découvre le concept de la vendeuse de bière !!! Dès notre arrivée, deux magnifiques cambodgiennes nous sautent dessus : l’une de l’équipe Tiger beer, l’autre d’Angkor beer. La compétition est dure… On opte pour l’Angkor. Par la suite, tout au long du repas, dès qu’un verre est à moitié vide, la serveuse sort d’on ne sait où pour les remplir à nouveau…de quoi séduire notre Jean-Paul mais surtout une bonne manière d’écouler des stocks de bière! On est rejoint par Clio et Julien qui hallucinent eux aussi sur ce concept. A la fin du repas, Jérémie nous propose deux options pour la fin de soirée : Bar à Rhum ou Casino !!! Serait-ce le « dépucelage » de Juju après la tentative avortée à Calafate, Argentine ??? Julien et Clio, amateurs de jeux et Soso, rêveuse de pactole, font pencher la balance en faveur du casino. Juju finit de se faire corrompre par la promesse de Jérémie de bière gratuite…
Nous voilà donc partis pour le casino de Phnom Penh. L’édifice est luxueux et tous les artifices pour désorienter le joueur sont présents : pas de fenêtres, plafond trompe l’œil imitant un ciel azuréen et , en effet, bière gratos…. Savant mélange pour aller dans le sens de la maxime : le casino gagne toujours !!! Jérémie, Juju et Soso prudents, décident à l’avance d’une somme qu’ils joueront, pas plus !!! 10 $ pour Soso et Juju et 10 $ pour Jérémie. Juju met en pratique la théorie de son grand frère, Tom : tu décides à l’avance d’une somme, comme tu payerais un divertissement. Ici en plus ça paye les bières !!! On fait pot commun avec Jérémie et on décide de jouer à la roulette aux animaux : un peu comme à la kermesse, pour des instits c’est un choix normal, non ??? Julien et Clio pendant ce temps joue à la roulette, en bons professionnels !!! Soso commence à jouer et Juju observe, un peu réticent… Sous les encouragements de Jérémie et Soso qui scandent la chance du débutant, Juju tente sa chance. Mais frileux, il ne mise pas sur le naga (le pactole, 45 fois la mise!!!) et mise sur le coq en chauvin !!! Résultat : c’est le naga qui sort !!! La chance du débutant existe bien et Juju a laissé passer sa chance. On met une bonne demi-heure et 6 bières pour se faire plumer, (surtout par le tigre…). On ressort refaisant la partie et maudissant le coup de maître du naga raté par Juju alors que Clio et Julien, contrariés, ont perdu 40 $… Bonne soirée pour le Casino !!!
J3 : On se lève après le départ de Jérémie et on file déjeuner en bord de Tonlé Sap. On se connecte un peu et on va visiter le wat Ounalom. On pose parmi les décors bollywoodo-bouddha.
On va ensuite découvrir le marché central à l’architecture années 30 très bien conservée.
On rejoint ensuite Jérémie au boulot. Juju part avec lui pour acheter les billets de car de demain pour Siem Reap pendant que Soso se fait emmener par Sandrine, une collègue de Jérémie, au restaurant où nous attendent des copains à eux. En chemin, Jérémie montre à Juju l’ambassade de France, monument incontournable de l’histoire cambodgienne, avec son célèbre portail. On mange ensuite tous ensemble des bouchées vapeur et une soupe aux raviolis et on boit un bon café glacé… Les uns repartent travailler alors que les deux globerevolutionnaires vont visiter le palais royal et la pagode d’argent. Il y a foule mais le décor est impressionnant de raffinement.
A la fin de la visite, on tombe par hasard sur Clio et Julien. On discute un brin et on se sépare. Nous partons, sur conseil avisé de notre local préféré, Jérémie, en direction du stade olympique de Phnom Penh qui jouit d’une intense activité en fin de journée. En effet les cambodgiens y viennent faire du sport. L’ambiance y est très sympa et on se délecte du spectacle.
On finit ensuite la journée de visite en se rendant au marché russe. Ce dernier, en revanche, n’est pas très animé à ce moment-là de la journée et on ne s’éternise pas, juste le temps d’y acheter des sacs de riz pour protéger nos sacs à dos dans les transports. On rentre chez Jérémie le retrouver. On ressort le soir pour partager une pizza avec Olivier, son coloc, Clio et Julien. C’est un moment agréable de convivialité avec des personnes d’horizons différents ; on kiffe, c’est ça le voyage…
On rentre discuter sur la terrasse et on se couche bien crevés…
J4 : On va petit déjeuner au marché russe et y faire deux trois emplettes.

On rentre préparer nos sacs et dire au revoir à notre super hôte. Jérémie :merci beaucoup pour ton accueil malgré le fait que tu travaillais, pour ta disponibilité, pour tous tes renseignements précieux sur la ville mais aussi sur la culture et la langue khmère et pour toutes tes bonnes adresses, même le casino… On a découvert un Jérémie aux petits soins, toujours partant avec un sens de l’humour qui nous a charmé. MERCI Jérémie !!! On se quitte chaleureusement et on part pour le rendez-vous que Jérémie nous a dégoté avec la compagnie de bus. Ramassage personnel, s’il vous plaît !!! Le sort nous rattrape on rendez-vous se retrouve en face de la prison S21, Tuol Sleng, le musée des horreurs auquel on voulait échapper. C’est dans un hôtel qui lui fait face que l’on a RDV et l’on poirote une bonne demi-heure face à ce bâtiment sordide qui nous glace le sang rien que de l’extérieur !!! Puis vient l’heure de la délivrance avec le mini-van qui nous emmène à la station de bus pour Siem Reap.
A Phnom Penh, on ne peut pas échapper à l’Histoire avec sa prison effroyable, ses mutilés dans la rue, ses photos de charnier dans les tuk-tuk, les propositions pour aller faire joujou avec des bazoukas… Qu’on le veuille ou non, l’Histoire de ce génocide est encore bien présente ici et on ne peut l’esquiver totalement.
